« On a encore passé une belle semaine de merde » – PEB

Jeudi 4 avril 2019, Pierre-Emmanuel Barré jouait son spectacle à Santes (59) dans le cadre du Festival Deci-Delà. Pour son second one-man show, l’humoriste n’a rien perdu de son humour noir et revient, avec un style toujours incisif, sur l’actualité nationale et internationale.

Image 1 - PEB

« Vous cherchez un spectacle familial ? Vous voulez rire des petits travers du quotidien ? Vous aimez l´humour bienveillant et jamais vulgaire ? Alors allez voir Kev Adams, je veux pas de vous dans ma salle. Cordialement. »

Les spectateurs sont prévenus. Interdit pour les moins de 14 ans, le nouveau spectacle de Pierre-Emmanuel Barré est fidèle au personnage qu’il s’est créé dans l’audiovisuel français depuis plusieurs années. Passé par Canal + à la Nouvelle Édition, et par la Bande Originale de France Inter, l’humoriste de 35 ans aux cheveux déjà grisonnants n’a toujours pas mis sa langue dans sa poche.

Un style unique

Originaire de Bretagne, le « sale con » comme il se définit sur Twitter – c’est aussi le titre de son premier spectacle, Pierre-Emmanuel Barré est un sale con –  ne s’est pas assagi. Connu pour son humour percutant, « PEB » commente l’actualité avec le franc-parler qui le caractérise. Aucun sujet n’est tabou pour lui, il aborde sans complexe la pédophilie, le viol, les attentats terroristes ou la misère dans le monde avec une aisance déconcertante. Malgré quelques évocations de sa vie personnelle – notamment sa conversion au végétarisme –  l’actualité est sa source d’inspiration privilégiée. La sphère politique représente notamment un bouc émissaire évident ; Emmanuel Macron, Édouard Philippe, François Hollande ou encore Christophe Castaner ne sont pas ménagés. Stimulant sa créativité et son écriture comme à l’époque où il était chroniqueur, un passage du spectacle est consacré à un débriefing de l’actualité récente. Une fois de plus ce soir-là à Santes, Pierre-Emmanuel Barré est revenu sur « cette belle semaine de merde » en évoquant le Brexit qui n’en finit plus et dont personne ne comprend les tenants et les aboutissants.

Politiquement incorrect

Vulgarité diront certains, méchanceté gratuite diront d’autres, l’humoriste dit ce qu’il pense et l’assume. Au risque de choquer parfois. A coup de blagues sexuelles, scatophiles et misogynes, Pierre-Emmanuel Barré explose les codes du politiquement correct. Avec un débit de parole élevé, les sketchs scabreux s’enchaînent et le spectateur rit honteusement. L’ancien chroniqueur de France Inter va là où personne n’oserait s’aventurer. Il parvient à se moquer des Juifs en les comparant aux roux ou fustige la bien-pensance en prenant les traits de « la connasse de service » à la ligne de conduite irréprochable. Il n’hésite pas à donner de sa personne pour mimer des situations qui portent faussement outrage aux mœurs des personnes présentes dans la salle. Pierre-Emmanuel Barré ose tout, même le pire.

Un humoriste qui revendique ses convictions

Si sur scène, il joue le rôle d’un personnage aigri et rabat-joie, l’humoriste possède des convictions personnelles nettes et revendiquées. Il assume par exemple son abstentionnisme et compare sa carte électorale à Brigitte Macron : « ça fait longtemps qu’elle n’a plus de tampons ». Ce côté ultra-provocant ne lui permet pas de s’exprimer n’importe où mais la scène lui offre cette liberté. En 2017, cette liberté de ton qu’il chérit est selon lui bafouée. Pendant l’entre-deux tours de l’élection présidentielle en France, PEB annonce sa démission de l’émission La Bande Originale présentée par Nagui. A l’époque, le chroniqueur n’avait pas apprécié les remarques du présentateur sur sa chronique qui tendait à légitimer l’abstention. Il s’était immédiatement senti censuré et avait choisi de claquer la porte en diffusant ladite chronique sur son compte Facebook.

Quand on va voir Pierre-Emmanuel Barré, il faut donc s’attendre à un spectacle excessif, voire trash. A Santes, la salle était comble et les rires nombreux. Dans un portrait du journal le Monde en 2017, l’artiste confessait « Le public du Nord et de la Belgique est le meilleur du monde. Quand il s’installe on entend : “ah, on va passer une bonne soirée”. Alors qu’à Paris c’est : “ j’espère que ça va être bien”. Forcément c’est plus facile avec les premiers ». Une fois encore, les 500 spectateurs présents dans la salle de spectacle de Santes sont repartis avec le sourire aux lèvres. La tournée de ce second one-man show touche toutefois à sa fin. Après quelques dates en province, elle s’achèvera avec deux soirées au Grand Rex à Paris les 24 et 25 mai prochain.

Pierre-Emmanuel Barré, Nouveau spectacle (2019), La Prod et Bleu Citron, du 11 janvier au 25 mai 2019, lien vers la billetterie ici.


David Darloy

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